Entre ralentissement des levées de fonds et baisses de valorisation, le monde des start-up subit un chamboulement majeur. Un ajustement du secteur après des années d’hypercroissance.

Personne n’est invincible, pas même les géants mondiaux de la Tech. La publication des mauvais résultats d’Amazon, Meta - maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp - ou encore Twitter souligne la crise conjoncturelle que traverse l’industrie de haute technologie, qui gagne l’Hexagone.

 

Victimes du recul massif des investissements à travers le monde et désormais à la recherche de rentabilité, certaines start-up françaises réduisent leurs effectifs, à l’image de Back Market, le champion français de la vente de produits reconditionnés. Le ralentissement des levées de fonds est un marqueur fort.

 

Sur les trois premiers trimestres 2022, les start-up ont levé 366 milliards de dollars dans le monde, soit 26 % de molevéns qu’à la même période en 2021. Les nouvelles licornes, ces start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars, se font de plus en plus rares. Elles étaient moins de 300 en 2022 contre plus de 460 l’année précédente. Les tours de table supérieurs à 100 millions de dollars ont quasiment disparu. Avec la hausse des taux d’intérêt, l’argent est soudain devenu cher. Et la Tech ralentit après des années de surchauffe.

 

Nouveaux relais de croissance

 

Or, pour croître, une start-up a besoin d’innovations et de levées de fonds importantes. Contrairement à une entreprise classique, elle doit trouver et construire son business model et non se baser sur un marché qui fonctionne déjà. Autre caractéristique : la scalabilité. Si les premiers clients coûtent cher, les suivants beaucoup moins et les marges grandissent. D’où une possibilité de se développer très rapidement. Les investisseurs - sociétés de capital-risque, business angels, fonds communs de placement dans l’innovation - s’engagent en tablant sur la réussite du projet. Leur plus fol espoir : qu’elle devienne une licorne. Les levées de fonds constituent ainsi une capitalisation sur l’avenir qui permettent à ces jeunes pousses d’asseoir leur déploiement en France et en Europe. C’est aussi un moyen d’accélérer leur R&D et leur visibilité auprès des entreprises du CAC 40.

 

Avec la crise des liquidités et l’inflation, trouver des relais de croissance à l’étranger, s’adosser à une grande entreprise ou à d’autres start-up sont de nouvelles tendances. Mais contrairement à une levée de fonds qui se boucle en quelques semaines, une opération de fusion-acquisition prend plusieurs mois. Il reste qu’au-delà de ces questions de financement, c’est tout un jeu de cartes qui est rebattu. Un ajustement du secteur après une décennie d’hypercroissance. Mais la French Tech a encore de beaux jours devant elles.

« La France, en particulier, a les moyens de devenir la championne d’Europe de la Tech avec ses 26 licornes et ses dizaines de start-up, dont l’ambition est de se mesurer aux majors américaines. »

Les pépites françaises font toujours rêver

 

Les tendances fondamentales qui ont propulsé l’écosystème de l’innovation, comme le cloud et l’automatisation, sont là pour durer. La France, en particulier, a les moyens de devenir la championne d’Europe de la Tech avec ses 26 licornes et ses dizaines de start-up, dont l’ambition est de se mesurer aux majors américaines.

 

Le CES de Las Vegas, le célèbre salon mondial de la Tech qui s’est déroulé du 6 au 8 janvier, a de nouveau attiré des milliers de personnes et accueilli une myriade de sociétés inventives, notamment dans le domaine du médical connecté et des objets électroniques.

 

La French Tech y était bien présente avec une délégation de 200 jeunes pousses qui évoluent dans les secteurs de la green tech, de la mobilité et de l’e-santé. Parmi elles, ALYCE, une start-up tricolore qui collecte et analyse les données de trafic et de mobilité (comptage de vélo, mesure de fréquentation des parkings) pour aider les villes et les régions à optimiser leurs réseaux de transport. Ou encore i-Virtual spécialisée dans le diagnostic des patients à distance à partir d’une simple captation vidéo du visage mesure des signes vitaux via un selfie vidéo, Lili for Life et sa lampe qui facilite la lecture des personnes dyslexiques et O-Kidia qui se présente comme une clinique digitale des troubles du neuro-développement chez les enfants et les adolescents.

 

Les pépites françaises font toujours rêver et vont continuer de jouer un rôle majeur dans les mutations de l’économie   

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