Au cœur des débats sur la réforme des retraites, les plus de 50 ans séduisent les employeurs par leur expérience et leur savoir-faire. Certaines entreprises jouent même le jeu du mix générationnel et s’en portent plutôt bien.
Chez GRENKE, c’est aussi un enjeu de réputation

L’entreprise, qui compte 215 collaborateurs, affiche un âge moyen de 34 ans. Les plus de 45 ans représentent 12 % de l’effectif et les 25-35 ans plus de 46 %.

 

« La moyenne d’âge des collaborateurs recrutés depuis le 1er janvier 2023 est de 30 ans, précise Catherine Roth, responsable des Ressources Humaines. Le mix générationnel joue pleinement dans le cadre de notre politique de recrutement d’alternants. C’est une force de notre entreprise qui vise l’excellence par l’alternance. Les seniors ont généralement grandi dans la société et transmettent leur expérience de l’entreprise.

 

Dans notre métier, par exemple, le senior connaît généralement tout l’historique de la relation client. Cette connaissance complète la créativité et la capacité d’innovation d’un collaborateur plus jeune. C’est vrai dans les services supports, au siège de la société, mais plus encore dans nos agences où l’évolution du business s’appuie sur cette complémentarité. 

 

Et ne l’oublions pas, la diversité générationnelle est un solide vecteur de réputation pour l’entreprise. Dans un contexte où l’accueil et la fidélisation de jeunes recrues est un enjeu clé, cet argument peut être un atout déterminant. »   

« L’homme jeune marche plus vite que l’ancien. Mais l’ancien connaît la route », dit un proverbe africain. Cette vérité d’expérience inspire de plus en plus d’entreprises qui n’hésitent pas à maintenir dans leurs effectifs ou à recruter des salariés de plus de 55 ans. Un revirement de tendance ? Sans doute, surtout si l’on se réfère aux chiffres qui montrent que les entreprises françaises n’étaient pas jusque-là « senior-friendly ». Dans notre pays, 56 % seulement des 55-64 ans sont en emploi, soit quatre points de moins que la moyenne européenne. Une personne de 48 à 55 ans a trois fois moins de chances d’être retenue qu’un 23-35 ans selon le sociologue Jean-François Amadieu, spécialiste des discriminations à l’emploi. La dernière réforme des retraites a braqué les projecteurs sur cette singularité française. Mais si le tableau des chiffres est contrasté, sur le terrain, les lignes bougent. Les entreprises s’intéressent de plus en plus aux profils des seniors et à leurs qualités : ils savent se remettre en question, ont du recul sur leur pratique et apportent une forme de sérénité et de stabilité à l’activité.

 

Valoriser le tutorat

 

Dans les groupes industriels, notamment dans le BTP et l’énergie où la compétence se construit dans la durée, ces talents expérimentés, sources de connaissances et de transmission des savoirs, sont très recherchés. C’est le cas d’EDF qui, avec ses pépinières, déploie du tutorat à grande échelle. Des binômes entre nouveaux entrants et salariés sur le départ y sont organisés pour assurer la transmission des savoir-faire en chaudronnerie ou en pilotage de centrale nucléaire. « Par ailleurs, EDF a signé avec les syndicats de l’entreprise un accord sur les compétences qui permet notamment de valoriser l’activité des 5 500 tuteurs d’EDF » précise la direction du groupe. Le groupe Framatone a poussé la logique un cran plus loin avec un dispositif très structuré de « knowledge management » qui permet de recueillir les savoirs clés de ses salariés avant la retraite. Dans cette société, où plus de 25 % des personnels ont 50 ans ou plus, le renouvellement des générations est déterminant. Le programme, accessible aux nouvelles recrues, est alimenté par les « sachants ». Les compétences implicites des salariés experts sont transformées en connaissances explicites de l’entreprise. Un partage de l’information qui valorise les salariés seniors, dépositaires du savoir, en créant des documents visibles par tous.

 

Bienveillance et sens de la pédagogie

 

Dans d’autres sociétés, c’est la proximité générationnelle entre les salariés et les clients qui favorise le maintien dans l’emploi des seniors. Les valeurs recherchées, souvent incarnées par les plus expérimentés : le savoir-être, la bienveillance, la loyauté, le sens de la pédagogie. Les seniors sont alors perçus comme des référents pour les plus jeunes, une mission valorisée financièrement. Cette mise en avant de rôles modèles est relayée dans de nombreuses entreprises comme Disneyland Paris qui multiplie les ressources et les supports pour faire vivre ce mix générationnel - emails, journaux télévisés, Facebook, print, affichage - qui conviennent à chaque génération. Le géant des loisirs met en place également un programme de tutorat animé par les plus de 45 ans dans le cadre d’un accord intergénérationnel et reconduit tous les trois ans. « Le savoir cesse d’être académique quand on entre dans l’entreprise, explique la philosophe d’entreprise, Eugénie Vegleris. Il faut alors apprendre à se « déspécialiser », à se détacher du connu. La capacité à coopérer et à se confronter à d’autres points de vue deviennent décisifs. En ce sens, le mélange des générations s’avère particulièrement bénéfique pour une entreprise. »

 

 

Enrichissements mutuels

 

En Alsace, Hager Group - spécialisé dans les solutions électriques -  a fait du mix générationnel et de l’intelligence collective des valeurs cardinales. « Elles sont résumées dans notre signature Learning and growing together en forme de promesse employeur, décrit Franck Houdebert, Directeur des Ressources Humaines du groupe. Ces engagements ont des applications concrètes : notre université d’entreprise, nos académies centrées sur les métiers et les expertises, notre plateforme dédiée à l’apprentissage des langues étrangères, notre communauté d’apprenants qui s’enrichissent mutuellement et incarnent une vision décloisonnée de la formation. Sans oublier la cérémonie des diplômés qui met en avant les opérateurs, les tuteurs et les partenaires sociaux. Ce sont autant de creusets où se partage et se discute le projet d’entreprise entre générations. » Car ce qui fait la force du mix générationnel dans les entreprises, c’est précisément cet enrichissement mutuel. Une étude récente de l’Apec - Agence pour l’Emploi des Cadres - le confirme. État d’esprit digital, flexibilité et autonomie caractérisent la génération Z férue de nouvelles technologies. Hyperconnectée et multitâches, elle se reconnaît dans une entreprise au fonctionnement horizontal, avec le moins de hiérarchie possible et des managers animateurs. Ces jeunes apportent de l’agilité dans l’entreprise, une expertise digitale et sont le complément idéal des plus de 55 ans, des profils à forte valeur ajoutée, plus autonomes, et qui jouent un rôle de régulateur des relations sociales. La diversité est assurément source d’efficacité pour une entreprise. Faire travailler différentes générations ensemble est créateur de valeur.   

 

Chez GRENKE, c’est aussi un enjeu de réputation

L’entreprise, qui compte 215 collaborateurs, affiche un âge moyen de 34 ans. Les plus de 45 ans représentent 12 % de l’effectif et les 25-35 ans plus de 46 %.

 

« La moyenne d’âge des collaborateurs recrutés depuis le 1er janvier 2023 est de 30 ans, précise Catherine Roth, responsable des Ressources Humaines. Le mix générationnel joue pleinement dans le cadre de notre politique de recrutement d’alternants. C’est une force de notre entreprise qui vise l’excellence par l’alternance. Les seniors ont généralement grandi dans la société et transmettent leur expérience de l’entreprise.

 

Dans notre métier, par exemple, le senior connaît généralement tout l’historique de la relation client. Cette connaissance complète la créativité et la capacité d’innovation d’un collaborateur plus jeune. C’est vrai dans les services supports, au siège de la société, mais plus encore dans nos agences où l’évolution du business s’appuie sur cette complémentarité. 

 

Et ne l’oublions pas, la diversité générationnelle est un solide vecteur de réputation pour l’entreprise. Dans un contexte où l’accueil et la fidélisation de jeunes recrues est un enjeu clé, cet argument peut être un atout déterminant. »   

« Des plus jeunes aux seniors, quatre générations travaillent aujourd’hui dans une même entreprise. Une diversité qui bénéficie à tous. »
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