Une décision majeure à prendre, une déclaration enflammée en public, sept semaines de jeûne ou encore un lion gueule ouverte dans un zoo : il y a tellement de choses qui forcent le respect. Plus honorable que la peur, plus personnel que la courtoisie et plus nuancé que la vénération : le respect a des ressorts complexes. Dans sa vie professionnelle ou auprès de ses amis, comment inspirer le respect ?
7 RÈGLES D’OR à faire et à ne pas faire

Éviter les formules toutes faites

« Salut la compagnie ! » est trop familier. « Tout l’honneur est pour moi », fait désuet. De telles expressions, et bien d’autres encore, n’ont (plus) leur place dans le monde des affaires. Seuls les pilotes et hôtesses de l’air ont le droit d’utiliser un simple « Bon atterrissage ». Le commun des mortels se rabattra sur : « Enchanté de faire votre connaissance. »

 

Les incontournables des E-mails

 

Même quand il s’agit de faire vite : un E-mail tient lieu de courrier formel dans la vie professionnelle. Des abréviations telles que Cdlt sont uniquement autorisées dans la communication interne, les émoticônes jamais. Et ne peuvent être inscrits dans les Cc que ceux qui ont besoin d’en connaître le contenu.

 

Hygiène médiatique

 

Durant un entretien, vous ne pouvez prendre un appel téléphonique qu’à titre tout à fait exceptionnel et après avoir formulé de brèves excuses. Si vous attendez un appel, informez-en votre interlocuteur : « Il se pourrait que … » et n’oubliez pas qu’une sonnerie personnalisée en dit long sur vous, qu’il s’agisse de la marche de Radetzky ou d’une grenouille croassante. Le coup d’œil régulier sur l’écran est absolument à proscrire. C’est le moyen le plus clair de dire à votre interlocuteur qu’il n’est pas votre priorité.

 

Le bon accueil

 

Si un client ou un partenaire commercial vous rend visite dans l’entreprise, venez le chercher personnellement à l’accueil et faites-lui visiter les locaux. C’est une bonne façon de commencer la conversation de façon informelle. Chemin faisant, votre visiteur apprendra beaucoup de choses sur l’entreprise, que vous pourrez commenter à votre guise. Pensez aussi à le raccompagner lorsqu’il quitte l’entreprise.

 

Titres et grades

 

En déplacement en Allemagne ? Sachez qu’il est d’usage outre-Rhin de ne pas oublier de citer, s’il en a un, le titre universitaire de votre interlocuteur. S’il en possède plusieurs, il ne faut citer que le plus élevé. Vous ne pouvez omettre de l’appeler par son titre que s’il vous le propose lui-même.

 

Cartes de visite

 

Une carte de visite donnée ne doit en aucun cas disparaître immédiatement dans la poche du pantalon. Il convient d’y jeterun coup d’œil et de la ranger ensuite soigneusement parmi vos documents. Il en va tout autrement pour vos hôtes asiatiques : vous devez soigneusement prendre connaissance de la carte de visite avant de la poser sur la table et de la consulter de temps en temps.

 

L’âge vient avant la beauté

 

Il faut saluer d’abord la personne la plus haut placée, et ce même si une femme est présente. Puis, les plus âgés avant les plus jeunes et les dames avant les messieurs. Et que faut-il faire si la dame est un peu plus jeune que son accompagnateur ? Laissez parler votre cœur et suivez votre intuition.

Il semblerait même que le diable voue le respect à son interlocuteur. Il a conclu un pacte avec Dieu le Père sur l’âme du docteur Faust. On sait qu’il a perdu son pari et qu’il se comporte de façon plus ou moins respectueuse dans la défaite. Même si dans la plupart des cas, les choses n’évoluent pas de façon aussi dramatique de nos jours, le respect est le ciment qui lie ceux qui ont des égards les uns pour les autres. Qu’est-ce qui différencie le respect de la politesse et de la tolérance ? La politesse est un comportement qui suit certaines règles. Chaque être humain y a droit. La tolérance décrit la capacité à pouvoir supporter la différence. Le respect, en revanche, est une attitude intérieure que l’on exprime par conviction.

 

Retour en arrière

 

Étymologiquement, le terme latin « respecere » signifie que les plus puissants doivent faire preuve d’égards envers tous les autres. Ce sens s’est perdu. Aujourd’hui, un employé peut respecter son chef, un hôte le sommelier et vice versa. La signification s’est donc quasiment inversée. Le respect est lié aujourd’hui à l’empathie pour son interlocuteur. La notion de comportement respectueux dans le groupe est relativement récente sur le plan historique.

 

Dans le monde du travail, il n’en a été question qu’à partir du moment où les travailleurs n’étaient plus considérés et traités comme des serfs. Jusqu’au milieu du siècle dernier, les pionniers de l’industrie, tels que Robert Bosch, faisaient exception à cet égard. « Je ne verse pas de bons salaires car j’ai beaucoup d’argent. J’ai beaucoup d’argent car je verse de bons salaires. » Cette citation témoigne de son respect à l’égard des performances de ses employés.

 

Cela ne fait pas si longtemps que le législateur français a prévu le respect mutuel dans le couple marié. Ce n’est que depuis les années 1940 que les époux se doivent d’assurer ensemble la direction morale et matérielle de la famille alors qu’auparavant, seul le papa-pacha décidait de tout. Depuis lors, la femme dispose des mêmes droits que l’homme, peut exercer une profession sans le consentement de son mari et l’homme doit également faire preuve de considération envers la famille. Les plus jeunes d’entre nous ont dû attendre une génération de plus avant de voir le droit à une enfance respectueuse entériné dans la loi. Ce n’est en effet qu’en avril 2018 que l’article 371-1 du code civil a été modifié par l’insertion de l’alinéa 3 suivant : « Les enfants ont le droit à une éducation sans violence. Aucun des titulaires de l’autorité parentale n’a le droit d’user de violence physique, d’infliger des punitions ou châtiments corporels, des souffrances morales ou toute autre forme d’humiliation envers son enfant. »

 

Marques de reconnaissance

 

Le sujet est plus que jamais d’actualité. Nous n’avons cessé de nous battre pour vivre ensemble de manière plus respectueuse. Différentsacteurs y ont contribué. Cela va du législateur aux syndicats et aux partis en passant par les structures sportives telles que l’UEFA. Sa campagne en faveur du respect se poursuit cette année encore sous le titre « Equal Game » et nous a accompagnés tout au long de la Coupe du Monde en Russie. Le mouvement #metoo et les discussions dans les forums montrent aussi qu’un comportement respectueux au sein d’un groupe ne se développe pas automatiquement, simplement parce qu’il est désiré par le plus grand nombre et compris comme moralement supérieur.

Dans le monde des affaires surtout, le respect contribue de plus en plus et de façon déterminante à la réussite. La nature du respect, qui était historiquement exprimée dans le terme « respecere » s’est toutefois transformée en gestion du leadership moderne. Le respect est déterminant pour la réussite, car en l’absence d’une relation respectueuse, il est de plus en plus difficile de nos jours d’attirer les jeunes talents convoités. Selon des études actuelles telles que « Recruiting Trends 2018 » ou « Job Satisfaction 2017 », initiées respectivement par les portails RH Monster et Manpower, la prochaine génération de managers exigera surtout une chose avant même un salaire élevé : la reconnaissance. Cette valeur est placée en tête de la liste des souhaits pour neuf candidats sur dix.

 

Et cela n’a rien à voir avec le fait de se faire chouchouter. Ceux qui espèrent un feedback régulier et honnête de leurs supérieurs sont tout aussi nombreux. Cela commence dès la phase de prise de connaissance dans l’optique d’une marque employeur forte. Tout comme par le passé, les responsables du personnel pensaient qu’il était indispensable que le candidat ait un intérêt pour l’entreprise, les jeunes collaborateurs estiment aujourd’hui qu’une culture d’entreprise conviviale basée sur des valeurs telles que l’ouverture, l’amabilité et la loyauté doit aller de soi. Ils espèrent par ail-leurs une charge de travail équilibrée et de bonnes opportunités d’évolution. Le patron qui promet beaucoup, mais ne tient pas toutes ses promesses, met lui-même l’équilibre de son équipe en danger : 83 % des personnes interrogées chercheraient immédiatement un nouvel emploi après une désillusion, un quart d’entre elles exprimeraient leur mécontentement sur les portails d’évaluation d’entreprise, ce qui rend plus difficile encore la recherche de nouveaux candidats.

 

NOUS SOMMES TOUS ÉGAUX MAIS PAS PAREILS

 

Bien entendu, le respect a également fait l’objet de recherches universitaires. Le groupe RespectResearchGroup (RRG) en fait partie. Ce groupe de réflexion interdisciplinaire est basé à l’Université de Hambourg. Le RRG distingue le respect horizontal du respect vertical. Le respect horizontal part du postulat que tous les hommes sont égaux et que chacun a donc droit au respect de sa personnalité. Le respect vertical, en revanche, est basé sur la question suivante : Qui est mon modèle ? Qui peut m’influencer, m’impressionner et me guider ? Parmi les personnes susceptibles de servir de modèle, on trouve des enseignants, des sportifs, des célébrités et, dans le meilleur des cas, des cadres talentueux. Le respect n’a en effet rien à voir avec la position formelle occupée dans l’entreprise. La NASA, par exemple, effectue des tests ciblés avant de décider de la composition des équipages des navettes spatiales. Ces tests visent à déterminer quel membre de l’équipage serait le plus écouté en cas de crise et inspirerait donc le plus de respect. La personne en question est alors nommée chef de mission. Il est ainsi possible de garantir que l’équipe agira rapidement et efficacement dans toutes les situations critiques. Une approche sensée qui n’est pourtant guère mise en pra-tique dans les entreprises.

 

Une question de mérite ?

 

Quelques secondes seulement après la première rencontre, nous pou-vons déterminer si nous devons montrer du respect à quelqu’un. C’est aussi bien le cas pour l’enseignant le jour de la rentrée que dans une fête ou dans la vie professionnelle. Mais pourquoi donc ? Les raisons qui inspirent le respect ne sont pas faciles à identifier et sont multifactorielles. Elles se manifestent par la posture et la tension corporelle en allant jusqu’à la poignée de main ou la voix. Nous n’avons aucune influence sur bon nombre de ces facteurs ou bien seulement en nous y exerçant beaucoup. Le RRG recommande une attitude fondamentale dans le travail : restez qui vous êtes. Il est contreproductif de vouloir tout faire bien pour tout le monde, estime le groupe de recherche. Il faut au contraire savoir dire non lorsque quelque chose ne convient pas.

 

Et bien évidemment, les performances, les connaissances et l’enga-gement sont également des qualités importantes qui forcent le respect. Mais ce n’est pas tout. Il faut aussi savoir se vendre. Les bonnes performances ne suffisent pas, les compétences en communication sont tout aussi essentielles, afin que vos collègues et vos supérieurs sachent ce que vous valez.

 

Le petit quart d’heure académique

 

L’origine du retard académique toléré remonte à près de 400 ans. À l’époque, les salles de cours manquaient de places (un peu comme au-jourd’hui). De ce fait, de nombreux professeurs donnaient leurs cours dans des appartements privés, qui étaient souvent éloignés les uns des autres. Il n’était donc pas rare que les étudiants qui devaient aller d’un bout à l’autre de la ville soient en retard. Mais a-t-on pour autant le droit d’user de cette flexibilité aujourd’hui ? Absolument pas ! Même lorsque l’on porte le titre de docteur, ne pas arriver à l’heure à un rendez-vous est impoli. Et le moment venu, c’est aussi à l’hôte de faire preuve de respect en traitant son interlocuteur d’égal à égal.

 

7 RÈGLES D’OR à faire et à ne pas faire

Éviter les formules toutes faites

« Salut la compagnie ! » est trop familier. « Tout l’honneur est pour moi », fait désuet. De telles expressions, et bien d’autres encore, n’ont (plus) leur place dans le monde des affaires. Seuls les pilotes et hôtesses de l’air ont le droit d’utiliser un simple « Bon atterrissage ». Le commun des mortels se rabattra sur : « Enchanté de faire votre connaissance. »

 

Les incontournables des E-mails

 

Même quand il s’agit de faire vite : un E-mail tient lieu de courrier formel dans la vie professionnelle. Des abréviations telles que Cdlt sont uniquement autorisées dans la communication interne, les émoticônes jamais. Et ne peuvent être inscrits dans les Cc que ceux qui ont besoin d’en connaître le contenu.

 

Hygiène médiatique

 

Durant un entretien, vous ne pouvez prendre un appel téléphonique qu’à titre tout à fait exceptionnel et après avoir formulé de brèves excuses. Si vous attendez un appel, informez-en votre interlocuteur : « Il se pourrait que … » et n’oubliez pas qu’une sonnerie personnalisée en dit long sur vous, qu’il s’agisse de la marche de Radetzky ou d’une grenouille croassante. Le coup d’œil régulier sur l’écran est absolument à proscrire. C’est le moyen le plus clair de dire à votre interlocuteur qu’il n’est pas votre priorité.

 

Le bon accueil

 

Si un client ou un partenaire commercial vous rend visite dans l’entreprise, venez le chercher personnellement à l’accueil et faites-lui visiter les locaux. C’est une bonne façon de commencer la conversation de façon informelle. Chemin faisant, votre visiteur apprendra beaucoup de choses sur l’entreprise, que vous pourrez commenter à votre guise. Pensez aussi à le raccompagner lorsqu’il quitte l’entreprise.

 

Titres et grades

 

En déplacement en Allemagne ? Sachez qu’il est d’usage outre-Rhin de ne pas oublier de citer, s’il en a un, le titre universitaire de votre interlocuteur. S’il en possède plusieurs, il ne faut citer que le plus élevé. Vous ne pouvez omettre de l’appeler par son titre que s’il vous le propose lui-même.

 

Cartes de visite

 

Une carte de visite donnée ne doit en aucun cas disparaître immédiatement dans la poche du pantalon. Il convient d’y jeterun coup d’œil et de la ranger ensuite soigneusement parmi vos documents. Il en va tout autrement pour vos hôtes asiatiques : vous devez soigneusement prendre connaissance de la carte de visite avant de la poser sur la table et de la consulter de temps en temps.

 

L’âge vient avant la beauté

 

Il faut saluer d’abord la personne la plus haut placée, et ce même si une femme est présente. Puis, les plus âgés avant les plus jeunes et les dames avant les messieurs. Et que faut-il faire si la dame est un peu plus jeune que son accompagnateur ? Laissez parler votre cœur et suivez votre intuition.

DE BONNES RAISONS D’ÊTRE FIER

Être le premier

 

Un 20/20 permet à son heureux bénéficiaire d’être le premier ou la première, ne serait-ce qu’une fois dans un cours.

 

Pourboire

 

De la reconnaissance sonnante et trébuchante. À l’origine, cette gratification permettait à la personne qui la recevait de se payer à boire.

 

Le chapeau de Gessler

 

En refusant de saluer le chapeau du bailli Gessler, Guillaume Tell fut condamné à tirer avec son arbalète sur une pomme posée sur la tête de son fils, ce qui dans la version de Schiller conduisit à la mort du tyran.

 

Le grade de docteur

 

La revanche de la bourgeoisie sur la noblesse. 4 % à peine de tous les étudiants aspirent à ce grade universitaire et environ 15.000 doctorats sont délivrés en France chaque année.

 

Plouf !

 

Oser sauter dans l’eau froide, puis faire toute une longueur de piscine. Tout seul ! Sans brassard ! Papa et Maman n’ont jamais été aussi fiers.

 

Coupe

 

Il suffit de la gagner une fois pour impressionner les amis et proches durant toute sa vie. Même si elle récompen-sait simplement le vainqueur de la course en sac de l’école maternelle.

LA CRÉATIVITÉ À LA PLACE DES ARMES

Le hip-hop est aujourd’hui enseigné jusque dans les écoles de danse rurales. Il faut savoir que ce style musical est apprécié des jeunes depuis les années 1970. Il a vu le jour dans le South Bronx avant de s’étendre à l’ensemble des Etats-Unis et de s’imposer vingt ans plus tard en Europe sous la forme de mélanges synthétiques de rythmes issus de morceaux beat, funk, soul ou disco. Ce phénomène que les amateurs d’opéra pouvaient considérer comme archaïque avait en fait une origine tout à fait respectable : endiguer la violence gratuite et la consommation de drogue dans les gangs de rue et les canaliser de façon créative.

 

Parmi les valeurs centrales de la culture hip-hop, on retrouve le respect et la street credibility. Ne pouvaient l’atteindre que ceux qui dansaient particulièrement bien ou qui pratiquaient le graf-spraying. La créativité à la place des armes. Celui qui désirait s’assurer le respect de sa communauté devait se l’approprier avec des mots, des couleurs, des pas de danse et de la musique, et non avec des fusils à pompe. Il devait donc se mettre en scène lui-même et reproduire des batailles dans les rues ou les scénariser. La violence est alors taboue et ce sont des lois tacites qui s’appliquent. Il est par exemple totalement interdit de « crosser » ou de recouvrir un autre graffiti, à moins que le sien soit nettement meilleur. De même, lors d’une battle au cours de laquelle les rappeurs se mesurent à coup de virtuosité et de répartie, toute insulte envers un membre de la famille de l’adversaire (en particulier envers la mère) est totalement réprouvée, sous peine d’en perdre sa réputation et le respect.

 

Hymnes en faveur du respect

 

La musique a abordé ce thème du respect bien plus tôt encore. La chanson « Respect » d’Otis Redding racontait par exemple la com-plainte d’un homme marié qui demande à être traité correctement par sa femme lorsqu’il rentre épuisé le soir après une longue journée de travail. « All I’m asking is for a little respect when I come home ». Mais ce n’est devenu l’un des chants soul les plus connus de tous les temps qu’avec la version d’Aretha Franklin en 1967, sortie un an après le cé-lèbre discours de Martin Luther King « I have a dream ». Cette version en a considérablement modifié le sens. Elle ne porte plus sur un drame conjugal mais plutôt sur l’exigence d’une femme souhaitant obtenir le respect de son mari. De plus, Aretha Franklin y a ajouté une nouvelle strophe « R. E. S. P. E. C. T / Take care T. C. B. ». Les lettres T. C. B. signifient « Take care of business » – Prends les choses en main. Cette chanson est devenue l’hymne de la lutte pour les droits civiques de la communauté noire qui interprétait T. C. B. en guise d’appel à la révolte. Et cette communauté continue aujourd’hui encore à se battre pour le respect si ardemment souhaité.

 

Inspirer le respect

« De nos jours, les jeunes aiment le luxe. Ils ont de mauvaises manières, dénigrent l’autorité, n’ont plus de respect envers les personnes âgées et discutent quand il faudrait travailler. Les jeunes ne se lèvent plus quand des personnes âgées plus âgées entrent dans une pièce. Ils contredisent leurs parents, se vantent en société, ne savent plus se tenir à table, se croisent les bras et tyrannisent leurs enseignants.» Cette citation n’émane pas d’un psychologue scolaire particulièrement stressé, mais de Socrate lui-même et elle a plus de 2.400 ans. Plus tard, Oscar Wilde a repris la même idée de façon plus succinte. « La jeunesse n’a pas une once de respect pour les cheveux gris. »

Se plaindre de la disparition des valeurs est une attitude aussi an-cienne que les valeurs elles-mêmes. Comment les jeunes gagnent-ils la reconnaissance de la société ? Différents rites avaient cette fon-tion dans différentes cultures. Les habitants de la petite île-État du Vanuatu, dans le Pacifique Sud, demandent à leurs jeunes garçons de grimper sur une tour en bois de 15 mètres de haut. Arrivés en haut, ils nouent deux lianes autour de leurs pieds, jettent un coup d’œil sur les villageois rassemblés en bas avant de sauter. Chez les Massaïs, les adolescents devaient combattre un lion, uniquement armés d’une lance. Les Indiens d’Amérique du Nord envoyaient leurs enfants seuls dans le désert pendant une semaine. Vous pensez que ce sont là des rites archaïques ? Il n’en est rien. La chasse aux lions est bien en-tendu strictement défendue aujourd’hui pour des raisons environne-mentales, mais elle est encore pratiquée par endroits. Et aujourd’hui encore, dans le cadre du « Walkaway », des jeunes sont envoyés seuls dans la nature, toutefois pour 24 heures seulement. Sans recours au téléphone portable, cela va de soi. L’idée a vu le jour aux États-Unis pour faire revivre la tradition indienne. Et désormais, en Europe, des jeunes peuvent eux aussi se trouver immergés dans la forêt. Une participante décrit ainsi son aventure. « J’ai scruté le ciel des heures durant et plus il s’assombrissait, plus j’y voyais d’étoiles dans la nuit claire. J’ai alors eu le sentiment que j’étais happée par le cosmos et que je ne faisais plus qu’un avec l’univers, avec tous les humains, tous les animaux, toutes les plantes et tous les corps célestes. C’était tout simplement magique. La peur avait complètement disparu. »

 

ET LA PEUR DANS TOUT ÇA ?

 

Respect, crainte, peur, phobie... Le respect poussé à son extrême aboutit à la phobie, à une peur maladive. La liste des phobies est longue. Elle va de l’ablutophobie – la peur de se noyer – jusqu’à la nyctalophobie – la peur de la nuit – ou la glossophobie – la peur de parler devant des gens. Et n’oublions pas la novercaphobie : la peur de sa propre belle-mère. Avoir la chair de poule à la vue d’une grosse araignée noire toute velue n’est pas encore classé dans la catégorie des phobies. Une peur n’est pathologique que si elle entrave signifi-cativement la vie quotidienne. Les psychothérapeutes distinguent les phobies sociales des phobies spécifiques. Quand on souffre de pho-bie sociale, on craint d’être jugé négativement par son entourage, par exemple lors d’une conférence ou au cours d’un dîner.

 

 

DE BONNES RAISONS D’ÊTRE FIER

Être le premier

 

Un 20/20 permet à son heureux bénéficiaire d’être le premier ou la première, ne serait-ce qu’une fois dans un cours.

 

Pourboire

 

De la reconnaissance sonnante et trébuchante. À l’origine, cette gratification permettait à la personne qui la recevait de se payer à boire.

 

Le chapeau de Gessler

 

En refusant de saluer le chapeau du bailli Gessler, Guillaume Tell fut condamné à tirer avec son arbalète sur une pomme posée sur la tête de son fils, ce qui dans la version de Schiller conduisit à la mort du tyran.

 

Le grade de docteur

 

La revanche de la bourgeoisie sur la noblesse. 4 % à peine de tous les étudiants aspirent à ce grade universitaire et environ 15.000 doctorats sont délivrés en France chaque année.

 

Plouf !

 

Oser sauter dans l’eau froide, puis faire toute une longueur de piscine. Tout seul ! Sans brassard ! Papa et Maman n’ont jamais été aussi fiers.

 

Coupe

 

Il suffit de la gagner une fois pour impressionner les amis et proches durant toute sa vie. Même si elle récompen-sait simplement le vainqueur de la course en sac de l’école maternelle.

Cet article vous a plu ?