Il ne reste plus qu’à patienter. Ce qui est plus facile à dire qu’à faire dans nos vies trépidantes. L’efficacité est le maître-mot au travail et dans les loisirs. Mais pourquoi donc ? Les études ont montré que la patience et la persévérance nous permettent plus facilement d’atteindre notre objectif que l’agitation et la précipitation. C’est la sérénité qui fait la force.
CONSEILS POUR CHOISIR LA BONNE CAISSE

1. Approchez-vous toujours des caisses en venant de gauche. De nombreuses personnes ont tendance à aller machinalement à droite et les fi les y sont en moyenne plus longues.

 

2. Il ne sert à rien de changer de caisse, sauf si une nouvelle caisse ouvre.

 

3. Ne choisissez donc jamais une caisse du centre, car vous n’avez aucune chance d’arriver en pôle posi-tion lorsqu’une nouvelle caisse ouvre.

 

4. C’est la procédure d’encaissement qui est le plus chronophage. Il n’est donc pas nécessaire de craindre les chariots très pleins. C’est le nombre de chariots qui est déterminant.

 

5. C’est la raison pour laquelle les caisses rapides (moins de 10 articles) ne permettent que rarement de gagner du temps.

 

6. Observez les personnes qui vous précèdent dans la fi le : il est préférable qu’elles soient jeunes, car elles ont moins tendance à payer en espèces.

 

7. Il faut savoir aussi que les femmes sont plus rapides aux caisses que les hommes.

La patience est une vertu, mais comme toute vertu, elle est difficile à atteindre. Et pourtant, les occasions de mettre sa patience à l’épreuve ne manquent pas : au feu rouge, dans l’ascenseur, pendant une conférence, chez le médecin. Mais à une époque, où toutes les informations sont immédiatement consultables sur Internet, où les messages atteignent instantanément leurs destinataires et où le téléphone portable offre des distractions et des divertissements 24 h sur 24, nos contemporains n’ont simplement pas la possibilité de s’y exercer.

 

Le mode de vie numérique produit ses effets. Alors qu’en l’an 2000, la durée d’attention moyenne était encore de douze secondes, elle a chuté à huit secondes au cours des quinze dernières années. C’est ce que rapporte une étude menée à la demande de Microsoft. Étude qui a également mis en évidence qu’un poisson rouge qui observe une plante aquatique faisait preuve d’une plus grande patience qu’un homme observant son environnement.

 

La patience peut se mesurer : avec des marshmallows. Le test du marshmallow a été réalisé par Walter Mischel l’un des psychologues les plus cités dans les manuels de référence du 20ème siècle. Sa méthode d’essai est simple. Un enfant est amené dans une pièce où un marshmallow, très alléchant, est posé sur la table. On explique à l’enfant qu’il aura droit à deux marshmallows, à condition qu’il ne touche pas à celui-ci pendant au moins un quart d’heure. Le chercheur quitte alors la pièce et le test de résistance à la tentation commence pour l’enfant.

 

De nombreuses vidéos sur YouTube permettent de suivre cette expérience attendrissante. Ne ménageons pas le suspense : environ un tiers des enfants mange le marshmallow tout de suite, un tiers avant la fin du temps imparti et un tiers résiste jusqu’à la fin. Dix ans plus tard, Mischel a recontacté les parents de ses petits sujets et en a tiré un étonnant constat. Les enfants qui ont su résister à l’époque réussissent mieux, sont plus résistants au stress et plus concentrés que les autres. Ceux qui n’avaient pas su attendre avaient de moins bonnes notes plus tard et étaient jugés têtus et envieux par les autres élèves.

 

Walter Mischel a décrit ce test dans son ouvrage - The Marshmallow Test, Mastering Self-Control – et voit une corrélation statistique claire entre le marshmallow et la réussite future. Cette corrélation n’est toutefois pas une fatalité : environ un quart des adolescents avait évolué au fil du temps, que ce soit positivement ou négativement. Dans son livre, Walter Mischel donne aussi des conseils pour résister. Les enfants qui fixaient la sucrerie avec anxiété ont inévitablement croqué dedans.

 

D’autres, en revanche, se sont sciemment détournés, se sont assis dans un coin, se sont concentrés à jouer avec leurs orteils ou ont chanté à tue-tête. Dans le langage scientifique, cela signifi e qu’ils ont focalisé leur attention sur autre chose. Cette stratégie fonctionne aussi dans la vie professionnelle. Si nous écartons les stimuli de notre vue et ne gardons à l’esprit que l’objectif prioritaire, nous avons plus de chances d’atteindre les buts fixés. Fini donc les portables sur le bureau, la messagerie ouverte et les petits gâteaux sur la table des négociations.

 

Autre point important : il faut visualiser la récompense. Walter Mischel l’explique dans son livre. « Nous devons nous convaincre que nous pouvons y arriver, si nous travaillons suffisamment pour y parvenir. Cela semble banal, mais il faut savoir que les pessimistes ont davantage tendance à saisir immédiatement la récompense proposée plutôt que d’attendre d’avoir atteint un objectif plus ambitieux. » En d’autres termes, la patience ne garantit certes pas de gravir les échelons mais augmente significativement nos chances. Cet effet a même été analysé par les neurosciences. Walter Mischel distingue effectivement les zones froides et les zones chaudes dans le cerveau.

 

Le système chaud, qui correspond à la propension à l’inertie, est responsable de nos pulsions, telles que la faim et la peur. Il nous amène à croquer rapidement dans le marshmallow, à prendre la fuite ou à accepter le premier job qui se présente. Le système froid, quant à lui, gère nos décisions stratégiques et le self-control. C’est lui qui nous dit qu’il vaudrait mieux aller courir que de nous aff aler devant la télé. Malheureusement, le système chaud a tendance à nous influencer davantage, car il a contribué depuis toujours à la survie de l’humanité. La vue d’un loup affamé ne laisse pas le temps de la réflexion stratégique. Un plan de carrière, si !

 

Mischel en est convaincu : nous pouvons entraîner notre système froid. Il recommande de ne prendre aucune décision importante dans une situation de stress, car l’adrénaline active le centre chaud. Une approche positive est tout aussi importante. Si vous êtes persuadé de pouvoir atteindre un objectif, vous l’atteindrez. À l’image des enfants qui se sont dit : « Je ne te mangerai pas. » L’expérience du marshmallow a été réalisée partout dans le monde. Même au Cameroun. Le marshmallow y était remplacé par un puffpuff, un petit beignet frit. Le résultat a de quoi étonner. Les enfants africains sont plus disciplinés et ont résisté deux fois plus longtemps. Selon les universitaires, ce résultat s’explique par les différents modèles d’éducation et de sociabilisation. En Afrique, la communauté se trouve au premier plan. Les enfants y apprennent à garder le contrôle sur leurs propres émotions et désirs.

CONSEILS POUR CHOISIR LA BONNE CAISSE

1. Approchez-vous toujours des caisses en venant de gauche. De nombreuses personnes ont tendance à aller machinalement à droite et les fi les y sont en moyenne plus longues.

 

2. Il ne sert à rien de changer de caisse, sauf si une nouvelle caisse ouvre.

 

3. Ne choisissez donc jamais une caisse du centre, car vous n’avez aucune chance d’arriver en pôle posi-tion lorsqu’une nouvelle caisse ouvre.

 

4. C’est la procédure d’encaissement qui est le plus chronophage. Il n’est donc pas nécessaire de craindre les chariots très pleins. C’est le nombre de chariots qui est déterminant.

 

5. C’est la raison pour laquelle les caisses rapides (moins de 10 articles) ne permettent que rarement de gagner du temps.

 

6. Observez les personnes qui vous précèdent dans la fi le : il est préférable qu’elles soient jeunes, car elles ont moins tendance à payer en espèces.

 

7. Il faut savoir aussi que les femmes sont plus rapides aux caisses que les hommes.

Plus on est patient enfant, plus on réussit dans sa vie adulte. Celui qui sait se maîtriser pour ne pas se ruer sur la guimauve aura moins de risque d’interrompre ses études, gagnera plus, fumera moins et aura nettement moins de risque d’être alcoolique.

POURQUOI L’AUTRE FILE AVANCE-T-ELLE TOUJOURS PLUS VITE ?

 

En fait, ce n’est pas vrai. En tous cas, pas tout le temps. Il s’agit plutôt d’un phénomène de perception psychologique.

Lorsque nous devons attendre longtemps, nous sommes exaspérés et notre cerveau l’enregistre. À l’inverse, quand ça va plus vite, nous n’y prêtons souvent pas attention, car cela n’a rien de « remarquable » au sens strict du terme. De plus, les statistiques jouent contre nous lorsque le magasin dispose de plusieurs caisses. S’il y a trois caisses, nous avons une chance sur trois que la nôtre soit la plus rapide. Et deux chances sur trois qu’une autre file avance plus vite. Mais plus pour longtemps !

 

Pour éviter les bouchons, il n’y a qu’une solution : partir plus tôt ou aux heures moins fréquentées. Paris et Marseille sont les villes les plus embouteillées de France, suivies par Bordeaux tandis que Lyon gagne en fluidité.

 

DE L’IMPORTANCE DE LA PATIENCE DANS LES AFFAIRES

 

C'est peut-être un cliché, mais il y a de la vérité derrière l’affirmation « La patience est une vertu », surtout dans le monde des affaires. Diriger une entreprise n’est pas pour les faibles de cœur, ni pour les impatients. Même si vous avez un excellent produit ou service, un bon processus et des salariés compétents, votre entreprise vous demandera de rester engagé à long terme. La réussite vient à ceux qui savent attendre. Des études montrent qu’il y a un circuit dans le cerveau qui indique à l’esprit humain de retarder la recherche de satisfaction immédiate et une personne a la capacité de résister à une récompense instantanée et de la retarder de plusieurs mois, voire plusieurs années, si cela signifie une meilleure récompense à l’avenir.

 

Dans un contexte commercial, la patience peut nous récompenser par une reconnaissance positive, de meilleures ventes, une satisfaction accrue du client et une rentabilité plus forte. En travaillant de manière dédiée aux objectifs commerciaux, nous sommes en mesure de maintenir notre rythme et de recueillir plus tôt que prévu les fruits de notre travail. Le jugement et la patience sont deux valeurs très appréciées dans les entreprises. Dans la course pour gagner un avantage concurrentiel, les chefs d’entreprise pensent souvent que des business plans pointus et des talents reconnus sont nécessaires pour guider l’entreprise sur la bonne voie. La patience est l’une de ces valeurs fondamentales. Elle nous aide à avoir la conscience de s’arrêter pendant un certain temps et de réfléchir sur le moment présent. Pour un chef d’entreprise, c’est une vertu majeure. Elle apporte une meilleure maîtrise du temps et crée les conditions pour pouvoir prendre de meilleures décisions.

 

ET SI L’ON PARLAIT DE THÉ ET DE TASSES ?

 

Savoir s’abandonner au moment présent peut se révéler très productif. Certains rituels participent de ce relâchement positif. Au Japon, le partage du thé est ainsi un événement incomparable et unique. Il arrive que les hommes d’affaires européens soient invités à une cérémonie du thé dans une maison de thé. Une marque de confiance multiculturelle peut mener tout droit à la signature du contrat. La cérémonie dure au moins 90 minutes et commence dès que l’on entre dans la pièce. Il faut alors pleinement s’abandonner à l’instant présent. Il y va de l’unité et de l’harmonie entre amis et partenaires. Suit une multitude de rituels, de l’admiration de la porcelaine à la dégustation du thé, en passant par le lavage de la bouche et des mains et la préparation du breuvage. Le maître de cérémonie invite à la purification et au recueille-ment. Ce n’est que lorsque chacun des convives a bu dans une seule et même tasse délicatement partagée par l’assemblée que le silence peut être rompu. Mais uniquement pour par-ler de thé et de tasses. Pas question d’évoquer un quelconque contrat.

 

EN ATTENDANT GODOT

(D’APRÈS SAMUEL BECKETT)

 

Estragon : allons-nous en !

Vladimir : on ne peut pas.

Estragon : pourquoi ?

Vladimir : on attend Godot.

Estragon : ah !

 

Attendre peut être une expérience existentielle. Attendre nous fait prendre conscience que nous dépen-dons de notre environnement et des autres. Nous sommes à la merci du fonctionnaire derrière son comptoir, des voitures qui nous précèdent, des potins à la caisse du supermarché. Théoriquement, nous pourrions profiter de ces pauses providentielles pour souffler un peu. Mais nous n’y parvenons que rarement. Tout du moins dans les pays d’Europe centrale et occidentale. Et pourtant, les représentations que l’on se fait du temps sous d’autres latitudes sont très diffé-rentes des nôtres. « Vous avez la montre, nous avons le temps » dit le proverbe africain. Dans l’hémisphère sud, tout se règle d’une façon fondamentalement différente de la nôtre. Le bus ne part pas à 8 h 24, mais quand il est plein ou quand on a de l’essence ou un chauffeur. La tranquillité stoïque affichée alors, repose sur l’acceptation générale et sur une notion du temps commune plus ou moins marquée selon les régions. Le psychologue américain, Robert Levine, a voyagé à travers le monde pour étudier cela de plus près et en a tiré le livre « Une géographie du temps ».

 

Avec ses collaborateurs, ils ont mesuré dans 31 pays le temps mis par un employé de la poste pour vendre un timbre stan-dard, ou la vitesse à laquelle les passants traversent un passage piétons par une journée ensoleillée, ou encore la précision des horloges publiques. Les Suisses étaient les plus rapides et les plus précis - et ce n’est pas une blague. À l’opposé, les Mexi-cains semblent être les plus nonchalants. Personne ne s’étonnera donc que les infarctus du myocarde soient plus fréquents dans les pays où le rythme est le plus frénétique. Mais il est vrai aussi qu’ils abritent les plus grandes richesses et que les soins médicaux y sont les meilleurs. Et quel rythme est alors le plus approprié ? Levine explique que chaque rythme a ses avantages et ses inconvénients. Dans les villes « lentes », les gens seraient par exemple plus serviables. Il finit quand même par conclure : « Dans toutes nos études sur le rythme de vie, nous avons constaté que chez les personnes vivant dans les villes les plus actives, la probabilité qu’elles soient plus satisfaites de leur vie est plus élevée. »

 

Les comportements observés dans les files d’attente varient énormément selon les pays. En France, il paraît opportun de foncer sur la caisse du supermarché qui vient d’ouvrir. Une attitude totalement impensable en Grande-Bretagne, championne incontestée dans l’art de faire la queue. Celui-ci se pratique partout : au guichet de la banque, à l’arrêt de bus, dans les snacks. Le « queuing », tel qu’on l’appelle là-bas, suit des règles très strictes. Cette pratique est poussée chaque année à l’extrême fin juin lorsque des milliers de Britanniques font la queue pour un ticket d’entrée dans le temple du tennis, à Wimbledon. Certains y passent trois jours et trois nuits sans perdre leur enthousiasme. Bien au contraire, car la file d’attente est ici un hobby, voire un défi. Le site d’informations touristiques « VisitBritain. com » livre ses conseils. « Gardez la même distance que celle que vous respecteriez en dansant avec votre grand-tante Germaine. » Si l’espace est trop important, on vous posera immanquablement la question suivante : « Est-ce que vous faites la queue ? », ce qui semble sympathique à première vue, alors qu’il s’agit d’une critique ouverte de votre comportement inadapté.

 

Lorsqu’une nouvelle caisse s’ouvre au supermarché ou à la banque, on s’y rend en fonction de l’ordre d’arrivée. La méthode de la file d’attente unique « Single Line Queuing » a déjà fait ses preuves au comptoir d’enregistrement des aéroports. Lorsque vous attendez seul à l’arrêt de bus, vous êtes à la fois premier et dernier de la file d’attente. Si un autre usager arrive, vous devez l’informer que vous faites la queue. Il acquiescera et respectera la règle. Et bien sûr, pas question de resquiller : le « queue-jumping » n’est pas toléré. Inutile non plus d’évoquer un passe-droit dû à son rang ou une urgence quelconque. Les Anglais se retourneront et vous diront quelque chose du style « On n’est pas sur le conti-nent ici ! » En fait, le « queuing » est un véritable rite social et il a même été question d’inclure cette question dans l’examen de naturalisation. Jusqu’à présent, cette proposition n’a pas obtenu la majorité au Parlement britannique.

Cet article vous a plu ?