Qu’est-ce que l’innovation ? Qui incarne l’innovation ? Et pourquoi ? Découvrez des aspects inédits de la capacité d’innovation de l’homme.

Hourra ! Quelle chance ! Ce sont les deux premières innovations qui ont fait de l’Homme, un Homme. D’abord la découverte intrépide qu’il y a plus à manger sur le sol que dans les arbres. Ensuite, quelque trois millions d’années plus tard, la possibilité de fabriquer soi-même les pierres dont on avait tant besoin : des pierres plus pointues, plus acérées, plus dangereuses. Succéderont d’autres avancées à un rythme toujours plus soutenu : le premier feu allumé à l’aide de pyrite et de silex, il y a 50 000 ans. Il permit la préparation et la conservation des aliments qui furent à l’origine de la croissance rapide de notre cerveau, énergivore et avide d’inventer. De là, le goût des hommes, aujourd’hui encore, pour l’odeur de la viande et des céréales grillées. Et cette question : le plaisir de manger du popcorn au cinéma ne serait-il pas l’un des résultats de ce long processus d’innovation ?

 

QU’EST-CE QU’UNE BONNE IDÉE ?

 

Existe-t-il un indicateur fiable de l’innovation  ? Après un brainstorming ou un séminaire, il n’est jamais facile de déterminer quelles sont les meilleures idées et quel est leur potentiel, encore moins en équipe. Car les groupes ont tendance à privilégier les solutions intermédiaires à plus petit dénominateur commun et/ou à garantie maximale. Fort heureusement, les bonnes idées disposent d’un indicateur fiable, estime Graham Horton qui soutient les entreprises dans les phases initiales de l’innovation. Sa méthode est appelée « évaluation polarisée » et repose sur le fait que les idées innovantes déclenchent des réactions particulières. Si une partie d’un groupe évalue une idée très positivement, alors que l’autre partie l’évalue très négativement, Horton parle de résultat polarisé.

 

Ce type de résultat est un indicateur annonciateur d’une innovation révolutionnaire. Ce comportement s’explique très simplement. Une partie du groupe perçoit les avantages, telles qu’une valeur ajoutée pour le client ou une meilleure image. Les évaluations négatives ont principalement deux origines : les difficultés supposées dans la mise en œuvre ou tout simplement la sensation d’être dépassé ; l’innovation ébranle tellement sa propre conception du monde, qu’on la rejette. Il revient donc à un médiateur d’éviter le rejet et de permettre la prise en compte des véritables défis et enjeux.

 

La copie est la forme la plus sincère de compliment  »,dit un proverbe chinois. Les entrepreneurs européens ont une autre vision des choses et ont déposé près de 374 000 demandes de brevets l’année dernière. Les Etats-Unis et le Japon en sont les leaders mondiaux, l’Europe arrive en troisième position. Et pourtant, le marché stagne. De plus en plus d’entreprises renoncent à cette protection. D’abord parce que la demande coûte du temps et de l’argent : en moyenne deux ans et pour les demandes nationales au moins 10 000 euros sur toute la durée de validité. Sur le plan européen, une demande détaillée peut facilement atteindre 100 000 euros. La deuxième raison est encore plus déterminante : les brevets doivent être publiés 18 mois après le dépôt de la demande – et ce, même lorsque la protection n’a pas encore été accordée.

 

Contrefaçon : les entreprises premières victimes

 

La Chine est le leader mondial de la contrefaçon : plus de 70 % des plagiats découverts à travers le monde lui sont imputables. Tout est sujet à contrefaçon : les jouets, les médicaments, de petits disques de frein ou de grosses pelleteuses, le design ou les matériaux, les machines, notices comprises. Selon une étude européenne des constructeurs de machines et d’équipements, les trois quarts des entreprises de biens d’investissement sont victimes de contrefaçons. La perte moyenne subie se situe entre 10 000 et 100 000 euros. Même en cas de plagiat manifeste, plus d’un tiers des entreprises victimes de contrefaçon hésite à saisir les tribunaux internationaux. La procédure est bien trop fastidieuse et coûteuse, et débouche généralement sur un règlement extrajudiciaire. Mais les copies ont de lourdes conséquences sur les entreprises. A commencer par l’impact sur l’emploi : la contrefaçon affecte près de 10 000 emplois chaque année en France.

Outre la perte directe de chiffre d’affaires, l’image de l’entreprise risque également d’en souffrir si l’original ne répond pas aux exigences de qualité attendue. Il n’est pas rare que des dommages et intérêts soient demandés au propriétaire de la marque qui doit alors prouver que la contrefaçon ne provient pas de sa production. Plus grave : la contrefaçon de médicaments ou de technologies de sécurité peut être dramatique. En 2001, le crash du vol 587 d’American Airlines à New York était dû à des pièces de rechange contrefaites.

 

Les créateurs européens conservent leur avance

 

Pour la présentation de ses propres produits, le contrefacteur étudie les fascicules de brevets et se sert de la rétro-ingénierie : il désassemble le modèle et regarde comment il est fait. La cyberattaque classique, ciblant directement les services de Recherche et Développement, gagne également du terrain. Et le social hacking est encore plus facile et efficace. Il consiste à débaucher ou lister des collaborateurs pour cibler les failles de sécurité. Heureusement, le rythme soutenu de l’innovation dans de nombreux secteurs est tel, que l’avance des créateurs européens ne peut être rattrapée par de simples contrefaçons. S’ajoute à cela un « pack de protection » qui pourra peut-être remplacer les brevets à l’avenir : service, flexibilité et stratégies marketing inventives.

 

Les gènes aussi sont brevetés

 

La société américaine Myriad s’est engagée dans une activité très particulière : la brevetabilité des gènes humains. Outre les codes génétiques standard, Myriad a fait protéger les séquences codées de populations isolées de régions reculées, résistantes à certaines maladies, dans le but de développer des médicaments à base de gènes.

 

SOCIAL 4.0

 

L’industrie 4.0 - l’usine intelligente et connectée – tout le monde en parle. Et pourtant, selon de nombreux futurologues, c’est Social 4.0 qui possède le plus gros potentiel d’évolution et aura des répercussions sur nous tous, consommateurs intelligents et connectés. Les lois du marché traditionnelles se trouvent mises à mal par la communication via les applications et via Internet et l’intelligence collective endosse un rôle central. Ainsi, les évaluations permettent de rendre publiques les performances des entreprises et la mondialisation des marchés incite les startups à conquérir des marchés en phase de développement.

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