Le mot « Disruption » a été utilisé maintes fois dans les médias français depuis 2013. Et ses occurrences vont en augmentant d’année en année. Au point d’en faire le concept à la mode dans la com’. Le mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres.

Dis|rup|tion : une innovation révolutionnaire qui, en peu de temps, évince un modèle commercial existant du marché.

LE CONCEPT DE DISRUPTION

LE DÉBUT DE LA FIN

 

En l’an 2000, Kodak annonçait une fois de plus un chiffre d’affaires record dans le domaine de la pellicule photographique. Douze ans plus tard, l’entreprise était en faillite. En 2006, un téléphone portable sur deux ve-nait de Finlande, alors qu’aujourd’hui, ce n’est plus qu’un sur cent. Max Grundig était le maître incontesté de l’image et du son à l’époque du miracle économique. Aujourd’hui, ses droits de marque sont détenus par une holding turque. Kodak, Nokia, Grundig ... La liste est loin d’être exhaustive. Les produits, marchés ou modèles commerciaux disruptifs se caractérisent par le fait qu’ils font face au statu quo en adoptant une approche radicalement nouvelle, ce qui s’avère douloureux pour le perdant, mais enrichissant pour le gagnant. Et pourtant, l’histoire de la disruption est aussi vieille que l’humanité. Le premier utilisateur d’une cale à main était libre de prendre ce qu’il voulait. Quasiment comme Jeff Bezos aujourd’hui : le créateur d’Amazon et deuxième plus grosse fortune du monde – après Elon Musk qui n’agissait que de façon innovante mais jamais disruptive. 

 

LE DILEMME DES INNOVATEURS CE N’EST QUE DU VENT

 

Le concept de « disruption » a été utilisé pour la première fois par Clayton M. Christensen, Professeur à l’Université de Harvard. Dans son ouvrage majeur « The Innovator’s Dilemma », il décrit le destin inéluctable des anciens leaders de marché. Même s’ils sont très à l’écoute de leurs clients, s’ils analysent minutieusement la concurrence et investissent beaucoup dans les nouvelles technologies, le manque d’innovation finit toujours par les mettre en défaut. Comment Clayton M. Christensen explique-t-il cela ? Les sociétés bien établies regardent toujours dans la même direction mais jamais en arrière ou vers le bas. Selon lui, les innovations disruptives se produisent souvent dans le segment bas de gamme du marché (mémoires flash) ou de tout nouveaux domaines (appareils photos numériques). Au départ, ces produits ne sont pas à la hauteur des modèles établis et apparaissent sur le marché de façon inattendue, du moins pour les leaders du marché comme pour leurs clients (Airbnb).

 

ENTRETIEN AVEC MICHAEL KIMMIG, Directeur de Gestion des Processus chez Grenke Digital

 

 

La société Grenke est-elle disruptive ?

 

Grenke n’est pas fondamentalement disruptive. Mais nous utilisons effectivement des méthodes disruptives afin d’optimiser nos processus. Pour nous, l’essentiel reste toujours le bénéfice qu’en retirent nos clients. Un exemple : notre objectif est qu’un partenaire soit en mesure de nous envoyer une demande où qu’il soit et avec un minimum d’effort – en moins de 60 secondes. À cet effet, nous avons développé une application qui lui permet de photographier les documents nécessaires et de nous les adresser en quelques clics. L’application continue à être développée sur la base des commentaires directs des clients. Les réactions des clients et collaborateurs sont extrêmement positives. C’est ainsi que naissent les nouvelles idées. Notre projet d’automatisation robotisée des processus en est un autre exemple. Il permettra aux machines d’assurer les tâches automatisées. Les ordinateurs peuvent ainsi très facilement prendre en charge des feuilles de calcul Excel mais ne parviennent pas à prendre des décisions commerciales plus complexes.

 

Quels sont les impacts sur le monde du travail ? L’automatisation robotisée des tâches peut trans-former radicalement le monde des services et le monde du travail, car les activités répétitives pour-ront être automatisées et permettront de réduire significativement les coûts, sans que le client ne soit perdant sur les services. Nos collaborateurs auront alors davantage de temps à consacrer à l’aspect qualitatif de leur travail au profit du client. Toutefois, il ne faut pas oublier que la numérisa-tion ne doit pas être planifiée en commençant par la fin. Pour conserver le leadership sur le marché et garder la maîtrise des coûts, il faut continuer à se développer. Nous ne raisonnons pas sur des plans à cinq ans, mais nous voulons résoudre les problèmes de nos clients au fur et à mesure qu’ils se présentent. Ce n’est qu’après avoir identifié les défis à relever, partagé la complexité du processus et discuté avec tous les acteurs du marché, que nous nous attachons à trouver une solution pour la tâche à accomplir.

 

Quelles sont, selon vous, les limites de la numérisation ?

 

Il est clair que de nombreuses activités et inte-ractions personnelles pourront être numérisées. Mais toute nouvelle tendance crée aussi à terme sa contre-tendance. Et c’est là que se situent les limites selon moi. Car la nécessité de rencontrer personnellement les clients et de leur parler « en direct » subsistera longtemps encore. Notre présence sur place, à proximité des clients, n’implique pas uniquement une étroite coopération, mais aussi l’opportunité de prendre des décisions rapidement. C’est surtout le cas pour toutes les questions qui ne peuvent être programmées par un robot. Et c’est très bien ainsi !

Dis|rup|tion : une innovation révolutionnaire qui, en peu de temps, évince un modèle commercial existant du marché.

« NOUS NE RAISONNONS PAS EN PLAN PLURIANNUEL, NOUS APPORTONS DES SOLUTIONS AU CLIENT »
MICHAEL KIMMIG

Block|chain : C’est une chaîne de don-nées extensible à souhait. Elle peut contenir toutes sortes d’informations, par exemple sur des droits de propriété ou des transactions. Comme la Blockchain est accessible à toutes les personnes concernées, les contrefaçons seraient immédiatement détectées.

TOUT RESTE DIFFÉRENT : THE NEXT BIG THINGS

 

Le forfait mobilité

 

Se rendre à la gare en taxi autonome, puis prendre le train jusqu’au centre-ville et enfin le vélo électrique jusqu’au bureau. Par beau temps, sortir sa décapotable le week-end et prendre le break pour le shopping en famille. Voilà ce dont un utilisateur du forfait mobilité pourrait profiter à l’avenir. Les chercheurs sont enthousiastes face à toutes ces possibilités : moins d’accidents, moins de véhicules en circulation, moins de bouchons. Et tout cela à moindres frais. Les experts prédisent que de tels concepts ne coûteront que la moitié des 500 euros que nous dépensons chaque mois pour une voiture de milieu de gamme.

 

Réseaux industriels 4.0

 

Objectivement, on sait que de nombreuses entreprises se battent encore pour mettre en œuvre l’industrie 3.0. Mais elle finira par s’imposer ! Dans la mesure où les précurseurs – les grands groupes – exercent une pression sur leurs fournisseurs. Outre les chaînes de valeur intégrée à plus forte rentabilité, il existe d’autres facteurs favorables à la numérisation croissante. Par exemple, la tendance à l’utilisation de portails d’achat qui nécessitent des architectures d’information et de logistique complexes. Ou en-core la baisse de la taille des lots sur des marchés de plus en plus segmentés.

 

La Blockchain

 

Elle changera tous les processus de documentation – du bureau du cadastre jusqu’à la justification d’une chaîne du froid interrompue. Mais pas tout de suite : il faudra au moins dix ans encore, selon les estimations.

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