Plus directes qu’un post sur Facebook, plus rapides que tous les magazines à sensation : les discussions de couloir aiguisent la curiosité dans les entreprises. Si elles nourrissent les réflexions, elles ne sont pas non plus sans danger.
SE PARLER ET ÉCHANGER...

DANS UN CADRE PROFESSIONNEL : il est important d’organiser régulièrement des réunions d’équipe et de service dans les salles prévues à cet effet.

 

DANS UNE ATMOSPHÈRE DÉTENDUE : créer une atmosphère dans laquelle les collaborateurs se sentent bien et apprécient de se parler. Un traitement équitable et une certaine tolérance à l’erreur favorisent une bonne ambiance de travail.

 

AVEC TACT : si vous devez aborder des thèmes délicats, ne tombez pas dans un discours accablant, mais utilisez seulement des messages à la première personne, comme « J’ai l’impression que... »

 

SUR UNE BASE COMMUNE : les règles de base importantes peuvent être rappelées sur des affiches donnant des conseils pour une communication collégiale et équitable.

 

EN RESTANT CONNECTÉ : si un chef reste à l’écoute et sait identifier les communicants les plus zélés, il dispose d’interlocuteurs privilégiés qui sont en capacité de diffuser des nouvelles de façon informelle.

 

EN DONNANT SON FEEDBACK : des questionnaires anonymes permettent aux employés de s’exprimer sur la culture de réunion, par exemple, ou de deman-der un complément d’informations sur certains sujets.

 

SANS DISSIMULATION : diffuser les mauvaises nouvelles à petites doses ne change pas le fond du problème et ne fait qu’alimenter les rumeurs. Il vaut mieux privilégier la vérité sans fard.

 

EN DÉVELOPPANT UN SENTIMENT D’APPARTENANCE : petit-déjeuner mensuel ou sport entre collègues, les activités partagées détendent l’atmosphère et créent un climat de confiance.

 

EN ALLANT DE L’AVANT : il convient de toujours garder à l’esprit qu’il faut absolument donner à ses collaborateurs ce que l’on souhaite recevoir d’eux. Si vous voulez établir une relation sincère, vous devez vous aussi être franc et ouvert.

 

EN DISANT DU BIEN : ne dites pas de mal des absents. Grâce à « radio couloir », les personnes concernées l’apprendront tôt ou tard.

Vous êtes au courant ? Massenet à la « compta », sera bien-tôt... Qui ne tendrait pas l’oreille et ne chercherait pas à en savoir plus ? Surtout lorsqu’il s’agit de nouvelles concernant le personnel, de nouveaux contrats passés, de rumeurs sur tel ou tel collègue ou d’une prétendue erreur de management ?

 

« Radio couloir » est l’un des moyens de communication les plus efficaces dans l’entreprise, dans les administrations et les associations. En un rien de temps, des informations importantes ou divertissantes, officielles ou non, se propagent de bureau en bureau – inexorablement, hors de tout contrôle, parfois au grand dam de la direction qui préférerait pouvoir déterminer elle-même le moment, le vecteur et le contenu des informations diffusées. Notre besoin inné de partager des nouvelles pour être bien vu est très difficile à réprimer. C’était déjà le cas il y a plusieurs siècles quand on se retrouvait au puits ou au lavoir pour laver son linge et « papoter ». Le phénomène perdure et malgré l’évolution des médias et des réseaux sociaux, les collègues continuent à se retrouver à la machine à café pour échanger et bavarder.

 

Quand la machine à café fait avancer l’entreprise

 

Selon les chercheurs, papoter est à la fois un besoin social profondément enraciné et un système de protection. C’est, en effet, par ce biais que nos ancêtres pouvaient distinguer leurs amis de leurs ennemis. Leur vie en dépendait. Aujourd’hui, c’est plutôt notre carrière ou notre place dans l’entreprise qui est en jeu. Lorsqu’un groupe de collègues se retrouve et discute de manière informelle, il émerge un sentiment d’appartenance au groupe qui retentit positivement sur l’ambiance de travail. Les valeurs du groupe s’en trouvent inconsciemment renforcées, notamment lorsqu’on s’agace ensemble d’erreurs commises.

C’est aussi un avantage pour les nouveaux qui peuvent ainsi savoir et comprendre rapidement quel comportement il convient d’éviter et quelle attitude est à même de renforcer leur statut social. Kathryn Waddington, psychologue du tra-vail à l’Université de Londres, a découvert en outre que les discussions de couloir augmentaient la productivité. Dans une enquête réalisée auprès de 100 infirmières, la majorité des personnes sondées a indiqué que les conversations aidaient à évacuer la frustration et à gérer les difficultés du quotidien.

 

Les chefs qui attachent de l’importance à l’efficacité au travail n’ont pas besoin de s’inquiéter de voir leurs collabora-teurs papoter autour d’un café : les conversations concernent la sphère privée pendant les cinq premières minutes pour revenir très vite sur les sujets professionnels. Ainsi, des échanges se font de façon informelle entre experts ou différents services, donnant souvent lieu à l’émergence de nouvelles idées qui peuvent faire avancer l’entreprise. La société Xerox l’a constaté il y a quelques années : en racontant leurs anecdotes de réparation et en partageant leurs approches créatives des problèmes, les techniciens du SAV ne cessaient d’apprendre.

 

Résultat : les réparations des photocopieurs Xerox ont pu être réalisées toujours plus vite. La direction s’en est aperçue et a même publié ses histoires de « meilleures pratiques » sur son Intranet. Pour cela, elle s’est basée sur une règle ancestrale : l’Homme apprend plus facilement à travers les récits de ses congénères – et pas simplement dans des modes d’emploi fastidieux.

 

Fini le pouvoir destructeur des fausses rumeurs

 

En outre, les discussions de couloir permettent aussi de mesurer l’ambiance dans les services. Les cadres supérieurs doivent toujours être à l’écoute du terrain, par exemple en déjeunant de temps à autre avec les chefs de service. De même, ils peuvent aussi tirer profit de ces discussions de couloir pour répandre rapidement des informations dans l’entreprise, par exemple lors de restructurations importantes. Fixer une journée officielle de rencontre pour l’ensemble du personnel est encore plus efficace. À cette occasion, les cadres peuvent informer les employés des orientations stratégiques de l’entreprise, de sa situation actuelle et des changements prévus. Les médisances et les rumeurs perdent alors de leur attrait, car les informations sont à la disposition de tous. L’entreprise n’a donc plus besoin de disperser son énergie à lutter contre de fausses rumeurs, et le bouche à oreille qui déforme l’information initialement émise perd en intensité. Pour toutes ces raisons, il est indispensable que les dirigeants tiennent toujours leurs collaborateurs informés. Ils tentent parfois de taire certaines nouvelles désagréables le plus longtemps possible. Or, les cachotteries sont susceptibles de nuire à la confiance entre le per-sonnel et les dirigeants et ne sont d’aucune utilité. En effet, la plupart des employés ont de l’estime pour les supérieurs qui n’y vont pas par quatre chemins et tiennent un langage clair. De plus, il est essentiel que les salariés aient régulièrement la possibilité de faire part de leurs questionnements. Des réunions périodiques avec l’ensemble du personnel ou le service constituent un espace appro-prié à cet effet. Les chefs donnent ainsi l’impression d’être accessibles et honnêtes. Si l’entreprise est trop grande pour organiser de telles réunions, une rubrique « Actualités » sur l’Intranet ou un journal d’entreprise peuvent se charger de véhiculer régulièrement de telles informations.

 

Pas de place pour les intrigues

 

Outre les rumeurs concernant l’entreprise, il y a aussi celles qui touchent des employés en particulier. Les discussions de couloir sont un canal qui permet aussi aux intrigants de déverser leur venin pour décrédibiliser un concurrent ou calomnier. Elles peuvent prendre une tournure particulièrement sombre lorsque les collaborateurs sont harcelés par ces médisances. Dans de telles situations, le direction se doit de faire cesser ces agissements eu égard à son devoir de sollicitude.

 

Elle se doit de recevoir le ou les harceleurs en entretien et lui faire part des conséquences auxquelles il s’expose. Si le motif des médisances est connu, il peut aussi s’avérer utile de s’en entretenir avec toute l’équipe. Car les rumeurs malveillantes peuvent non seulement détruire une carrière mais aussi gangrener l’esprit d’équipe et, à la longue, porter préjudice à l’entreprise. Il vaut donc mieux d’emblée miser sur une culture de communication positive et ouverte au sein de l’équipe.

SE PARLER ET ÉCHANGER...

DANS UN CADRE PROFESSIONNEL : il est important d’organiser régulièrement des réunions d’équipe et de service dans les salles prévues à cet effet.

 

DANS UNE ATMOSPHÈRE DÉTENDUE : créer une atmosphère dans laquelle les collaborateurs se sentent bien et apprécient de se parler. Un traitement équitable et une certaine tolérance à l’erreur favorisent une bonne ambiance de travail.

 

AVEC TACT : si vous devez aborder des thèmes délicats, ne tombez pas dans un discours accablant, mais utilisez seulement des messages à la première personne, comme « J’ai l’impression que... »

 

SUR UNE BASE COMMUNE : les règles de base importantes peuvent être rappelées sur des affiches donnant des conseils pour une communication collégiale et équitable.

 

EN RESTANT CONNECTÉ : si un chef reste à l’écoute et sait identifier les communicants les plus zélés, il dispose d’interlocuteurs privilégiés qui sont en capacité de diffuser des nouvelles de façon informelle.

 

EN DONNANT SON FEEDBACK : des questionnaires anonymes permettent aux employés de s’exprimer sur la culture de réunion, par exemple, ou de deman-der un complément d’informations sur certains sujets.

 

SANS DISSIMULATION : diffuser les mauvaises nouvelles à petites doses ne change pas le fond du problème et ne fait qu’alimenter les rumeurs. Il vaut mieux privilégier la vérité sans fard.

 

EN DÉVELOPPANT UN SENTIMENT D’APPARTENANCE : petit-déjeuner mensuel ou sport entre collègues, les activités partagées détendent l’atmosphère et créent un climat de confiance.

 

EN ALLANT DE L’AVANT : il convient de toujours garder à l’esprit qu’il faut absolument donner à ses collaborateurs ce que l’on souhaite recevoir d’eux. Si vous voulez établir une relation sincère, vous devez vous aussi être franc et ouvert.

 

EN DISANT DU BIEN : ne dites pas de mal des absents. Grâce à « radio couloir », les personnes concernées l’apprendront tôt ou tard.

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