Un bon chef se montre bienveillant envers ses collaborateurs. Mais que signifie « bienveillant » ? Une étude scientifique a posé la question à plus de 800 salariés et a dressé un inventaire des mesures à prendre pour assurer un leadership respectueux.
QUATRE CONSEILS PRATIQUES POUR GÉRER VOS ÉQUIPES AU QUOTIDIEN

1 – Posez des questions

Le leadership respectueux va de pair avec la souveraineté et la capacité de savoir se mettre en retrait. Niels Van Quaquebeke donne le conseil suivant : « Posez des questions, adossez-vous dans votre siège et servez-vous des réponses : taisez-vous pour une fois et posez des questions pour guider la conversation. »

 

2 – Soyez à l’écoute

« Écoutez attentivement » insiste Niels Van Quaquebeke. Si vous posez des questions et que vous avez déjà les réponses, vous n’avez même pas besoin de les poser. L’écoute attentive a un impact sur les relations, la convivialité et la volonté de s’engager. Celui qui écoute commence à mieux se comprendre lui-même. »

 

3 – Contradiction

« C’est probablement vrai que je veux toujours avoir raison » explique l’écrivain suisse Markus Werner. « Il n’en est pas moins vrai que j’aspire à la contradiction. » Fin de la discussion.

 

4 – Girafes

Parmi les témoignages postés sur le hashtag #metoo, on a pu lire la phrase suivante : « Le temps des lions est révolu. C’est désormais le règne des girafes. » En d’autres termes, c’est l’ère des rencontres d’égal à égal, bien au dessus du niveau traditionnel des lions. Un adage à retenir et à diffuser.

Dans notre société médiatique, friande de scandales, il n’est pas étonnant que l’on pense d’abord à l’absence de respect quand on évoque l’idée de « leadership respectueux ». En politique, les exemples abondent de personnalités écartées du pouvoir de façon totalement irrespectueuse. Pris en étau entre les frondeurs du Parti Socialiste et la candidature émergente d’Emmanuel Macron, le président François Hollande en a fait l’amère expérience, fustigeant le manque de respect voire la trahison de ceux qui l’avaient accompagné durant son mandat.

 

N’existe-t-il donc pas d’exemple positif ? La question a été posée au psychologue Niels Van Quaquebeke, fondateur en 2003 à Hambourg du groupe RespectResearch-Group. Avant de répondre à notre question, il tient à préciser qu’il faut distinguer le respect horizontal  –  à savoir l’égalité de tous – du respect vertical – celui qu’on peut ressentir envers ses supérieurs hiérarchiques ou pas. « Pour cela, il faut savoir reconnaître ce que l’autre fait mieux. Plus il me surpasse, plus j’éprouverai de respect à son égard » explique le psychologue.

 

En principe, les dirigeants n’ont pas de mal à s’accorder sur les vertus du leadership respectueux. L’impératif catégorique de Kant – Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle – peut servir de ligne directrice. Dans le doute, le programme de conformité de l’entreprise peut mettre l’accent sur le respect de la dignité humaine, c’est-à-dire le respect horizontal : tous les êtres humains sont égaux. Défini de façon aussi vague, le respect reste une simple déclaration d’intention. Les employés attendaient le respect mais n’en obtenaient que rarement, précise Niels Van Quaquebeke. Avec son confrère Tilmann Eckloff, il a examiné le fond de la question grâce à trois études interconnectées. Plus de 800 personnes actives dans 43 métiers différents ont été sondées. En moyenne, elles exerçaient leur fonction depuis plus de 15 ans et avaient travaillé au fil du temps sous les ordres de sept supérieurs. Leurs réponses ont été synthétisées dans un « inventaire complet des mesures favorisant un leadership respectueux ».

 

HAPPY MANAGEMENT

 

De nombreuses études ont établi une forte corrélation entre le leadership respectueux et la contribution économique des salariés à l’entreprise. Des salariés respectés sont des salariés heureux et donc plus productifs. Ils ont de meilleures performances commerciales et sont meilleurs managers. Ils se sentent plus attachés à l’entreprise et démissionnent moins fréquemment. Le bonheur au travail, une valeur de plus en plus prisée par les entreprises.

 

• Arrive en tête, et de loin, le trio confiance- responsabilité-considération. Le chef a fondamentalement confiance dans son employé en tant que personne et lui laisse une marge de manœuvre. Il lui donne des responsabilités et encourage l’autonomie dans le travail. Il fait preuve d’une tolérance raisonnable aux erreurs, ne critique pas l’employé devant les autres, ne le dénigre pas en tant que personne. 

 

Distance-reconnaissance-influence. Le chef maintient une certaine distance et veille à respecter la sphère privée. Il reconnaît l’employé comme interlocuteur à part entière et est pleinement disposé à apprendre de l’employé.

 

 

Capacité-critique-probité. Le chef est ouvert à la critique, permet la critique, s’excuse s’il a mal agi, n’essaie pas de faire porter la responsabilité de ses erreurs à ses employés. Il soutient l’employé et est prêt à faire des concessions dans les situations de crise personnelles.

 

Attention-clarté. Le chef fait preuve d’attention, est à l’écoute et laisse parler. Il se comporte de manière claire, fiable, équitable et transparente. Il formule les attentes clairement et sans ambiguïté.

 

On trouve aussi des personnes respectueuses, telles que définies par ces critères de qualité, dans le monde politique et surtout sportif. C’est ainsi que Claude Onesta, sélectionneur de l’équipe de France de hand-ball, et Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France de football, incarnent des figures paternelles et sont connus pour leur humanisme. Proches de leurs joueurs, très accessibles, ils ont bâti le succès de leur équipe autour des valeurs de confiance, de respect et de solidarité.

QUATRE CONSEILS PRATIQUES POUR GÉRER VOS ÉQUIPES AU QUOTIDIEN

1 – Posez des questions

Le leadership respectueux va de pair avec la souveraineté et la capacité de savoir se mettre en retrait. Niels Van Quaquebeke donne le conseil suivant : « Posez des questions, adossez-vous dans votre siège et servez-vous des réponses : taisez-vous pour une fois et posez des questions pour guider la conversation. »

 

2 – Soyez à l’écoute

« Écoutez attentivement » insiste Niels Van Quaquebeke. Si vous posez des questions et que vous avez déjà les réponses, vous n’avez même pas besoin de les poser. L’écoute attentive a un impact sur les relations, la convivialité et la volonté de s’engager. Celui qui écoute commence à mieux se comprendre lui-même. »

 

3 – Contradiction

« C’est probablement vrai que je veux toujours avoir raison » explique l’écrivain suisse Markus Werner. « Il n’en est pas moins vrai que j’aspire à la contradiction. » Fin de la discussion.

 

4 – Girafes

Parmi les témoignages postés sur le hashtag #metoo, on a pu lire la phrase suivante : « Le temps des lions est révolu. C’est désormais le règne des girafes. » En d’autres termes, c’est l’ère des rencontres d’égal à égal, bien au dessus du niveau traditionnel des lions. Un adage à retenir et à diffuser.

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