Un habile mélange de théorie et de pratique tout en étant rémunéré : l’alternance poursuit son essor. Les formations post-bac se multiplient. Les offres de mission dans les entreprises aussi.

La réforme engagée en 2018 et achevée l’an dernier a changé la donne, notamment en renouvelant le modèle de financement et en ouvrant toutes les formations à l’apprentissage. Flexibilité, agilité, audace sont les maîtres-mots de ce nouveau paradigme du recrutement. Être jeune n’est plus du tout un frein à l’embauche. « Actuellement, nous accueillons près d’une vingtaine d’alternants dans tous les métiers, en commercial, en marketing, en administratif, confirme Pauline Bourgoin, chargée des Ressources Humaines chez Grenke. C’est un système auquel nous croyons beaucoup. L’alternance est une façon de former l’apprenti aux codes et aux méthodes de travail de l’entreprise, d’identifier des profils et de faire éclore des potentiels en lien étroit avec des écoles partenaires, partout en France où Grenke est implanté. Durant un à deux ans, des missions qualifiantes et formatrices sont confiées aux alternants dans des équipes qui les accompagnent tout au long de la formation. Une manière pour Grenke de co-construire l’avenir de l’apprenti. »

 

Faits l’un pour l’autre ?

De fait, après plusieurs mois de collaboration, employeur comme apprenti ont bien eu le temps de savoir s’ils étaient faits l’un pour l’autre. La prise de risque est limitée. L’alternance apporte aussi de la diversité dans les équipes. Ils amènent avec eux un vent nouveau. Ce sont généralement des profils motivés qui se donnent à fond dans leur travail. Cette aventure humaine sonne également comme un défi. « Sommes-nous capables de créer les conditions pour faire progresser un potentiel ? Cela amène notre entreprise à se questionner, souligne Pauline Bourgoin. Plus largement, l’apprentissage, par sa durée, permet d’anticiper. Intégrer un jeune pour plusieurs années revient à tracer avec lui une trajectoire, poser des jalons dans le temps, imaginer des projets. C’est aussi un bon moyen de faire évoluer notre politique managériale en étant plus proches des attentes et des exigences d’une nouvelle génération. » Surtout, l’alternant est immergé dans un environnement professionnel avec de vraies responsabilités.

 

Un enjeu de réputation

« C’est notamment le cas dans nos agences, où s’opère un véritable sentiment d’appartenance. Ils ont de vraies missions comme créer un portefeuille de partenaires en lien avec les objectifs de l’agence, mener sa propre prospection, réaliser des analyses de financement. Nos apprentis sont autonomes et évoluent vers une embauche en contrat de longue durée. En agence, lorsque tous les feux sont au vert, les contrats d’alternance se transforment en CDI. Le suivi est assuré dans le cadre du « Parcours Nouvel Entrant » qui scande la progression de l’alternant mais également à travers des entretiens tout au long du contrat d’alternance. » L’aspect social de l’apprentissage doit aussi être souligné. Une dimension qui à l’heure de la RSE - responsabilité sociétale des entreprises - devient un enjeu de réputation essentiel pour les employeurs. « Depuis deux ans, nous travaillons sur la marque employeur et nous sommes très présents dans les écoles comme sur les salons dédiés à l’emploi dans les territoires. Les jeunes sont très à l’écoute des valeurs de l’entreprise : proximité, esprit d’équipe et d’entreprendre, éthique. C’est un levier majeur pour attirer les talents. »

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